Bulletin du mois de décembre 2018

L’évaluation de l’enseignement par les étudiant.e.s : la décision arbitrale Kaplan

Le 28 juin, William Kaplan, l’arbitre nommé pour résoudre l’enjeu des questionnaires d’évaluation des cours et les questions connexes – y compris l’utilisation des évaluations de l’enseignement par les étudiant.e.s (ÉEÉ) pour les décisions de promotion ou de permanence – entre l’Université Ryerson et l’Association des professeur.e.s de l’Université Ryerson, a rendu une décision. La décision de l’arbitre Kaplan fait ressortir les limites de l’utilisation des ÉEÉ et souligne l’importance d’un examen plus juste de l’enseignement. 

L’APUO a rédigé un compte rendu de la décision arbitrale Kaplan et une brève analyse de ses possibles retombées. Le texte est disponible dans son intégralité à partir du lien suivant.

Matériel de cours et droits d’auteur.trice

Certain.e.s d’entre vous ont communiqué avec l’APUO pour nous faire part de leurs préoccupations au sujet de la redistribution d’enregistrements audio, de vidéos, de photos et de matériel didactique sans l’autorisation des professeur.e.s. Ces actions violent les droits relatifs à la propriété intellectuelle et la Loi sur le droit d’auteur du Canada. Voici des exemples d’énoncés que vous pourriez inclure dans vos plans de cours. 

Exemple 1: Le/la professeur.e interdit les enregistrements et la redistribution du matériel de cours
L’enregistrement des cours magistraux, de quelque manière que ce soit, y compris la prise de photos, est interdit sans l’autorisation explicite du ou de la professeur.e. L’ensemble du matériel pédagogique conçu pour ce cours, notamment les notes de cours, les présentations, les documents, les examens, les travaux, ainsi que tout le matériel publié sur Brightspace, est la propriété intellectuelle du ou de la professeur.e. Ce matériel a été conçu pour être utilisé uniquement par les étudiant.e.s inscrit.e.s à ce cours et ne peut faire l’objet d’une diffusion plus large ou d’une communication à l’extérieur de ce cours. La participation à ce cours constitue une entente entre toutes les parties conforme aux politiques en vigueur de l’Université et au respect de la propriété intellectuelle des autres parties pendant et après leur association avec l’Université d’Ottawa. Les étudiant.e.s qui créent des enregistrements audio ou vidéo non autorisés des cours magistraux, ainsi que ceux et celles qui redistribuent ou fournissent du matériel audio, vidéo ou textuel du contenu de ces cours sans autorisation, violent les droits de propriété intellectuelle du ou de la professeur.e, ainsi que la Loi canadienne sur le droit d’auteur.

Exemple 2: Le/la professeur.e autorise les enregistrements audio ou vidéo mais sans droits de distribution
Les étudiants.e.s inscrit.e.s à ce cours peuvent créer des enregistrements audio ou vidéo des cours magistraux pour leur usage personnel. Ces enregistrements visent à permettre aux étudiants.e.s de réviser le contenu des cours magistraux afin de leur assurer une meilleure compréhension des sujets abordés. Cela dit, ils ne remplacent pas et ne diminuent en rien l’importance d’assister aux cours. Veuillez noter que, puisque les enregistrements audio et vidéo sont autorisés, les voix ou images des étudiants.e.s peuvent être enregistrées par d’autres personnes pendant le cours. Veuillez communiquer avec le/la professeur.e si cela vous préoccupe. Lorsqu’ils/elles font des enregistrements audio ou vidéo dans ce cours, les étudiants.e.s acceptent les conditions suivantes: 

1. Les enregistrements ne doivent pas être distribués par un canal de distribution en ligne ou hors-ligne sans l’autorisation explicite du ou de la professeur.e. 

2. Les enregistrements ne doivent pas être partagés avec d’autres étudiant.e.s sans l’autorisation explicite du ou de la professeur.e. 

La participation à ce cours constitue une entente entre toutes les parties conforme aux politiques en vigueur de l’Université et au respect de la propriété intellectuelle des autres pendant et après leur association avec l’Université d’Ottawa. Le non-respect de ces conditions constitue une violation des droits de propriété intellectuelle du ou de la professeur.e, ainsi que de la Loi canadienne sur le droit d’auteur.

Affiches islamophobes, antisémites et homophobes

L’APUO dénonce fermement les affiches islamophobes, antisémites et homophobes qui ont été vues sur le campus à la fin novembre et au début décembre. Ces affiches s’inscrivent dans un contexte de montée de la discrimination et des discours et crimes haineux partout dans le monde. La discrimination et les manifestations de haine et d’intolérance n’ont pas leur place à l’Université d’Ottawa. 

Nous exprimons notre solidarité et notre soutien envers les communautés ciblées par ces affiches.

L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université et l’Union des associations des professeur.e.s universitaire de l’Ontario

À la fin novembre, l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) a envoyé une lettre au premier ministre Justin Trudeau dénonçant l’adoption d’une loi mettant fin aux négociations entre le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) et Postes Canada, et ordonnant le retour au travail. L’APUO appuie fermement la position de l’ACPPU et réitère que la libre négociation collective est un droit.  

Pour sa part, l’Union des associations des professeur.e.s des universités de l’Ontario (UAPUO) a partagé un communiqué dans lequel elle s’inquiète de la décision du gouvernement Ford d’annuler le projet de l’Université de l’Ontario français. La voix de l’UAPUO s’ajoute à celle de l’APUO qui, le 26 novembre dernier, condamnait vigoureusement les coupes affectant les études postsecondaires et la communauté franco-ontarienne.

Bureau de l’APUO pendant la période des fêtes

Enfin, nous tenons à vous souhaiter de très joyeuses Fêtes. Veuillez noter que les bureaux de l’APUO seront fermés du vendredi 21 décembre au 2 janvier inclusivement. Nous serons de retour à partir du jeudi 3 janvier 2019, à nos heures régulières de 8h00 à 16h00. 

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L’évaluation de l’enseignement par les étudiant.e.s : la décision arbitrale Kaplan

Le 28 juin, William Kaplan, l’arbitre nommé pour résoudre l’enjeu des questionnaires d’évaluation des cours et les questions connexes – y compris l’utilisation des évaluations de l’enseignement par les étudiant.e.s (ÉEÉ) pour les décisions de promotion ou de permanence – entre l’Université Ryerson et l’Association des professeur.e.s de l’Université Ryerson, a rendu une décision. La décision de l’arbitre Kaplan fait ressortir les limites de l’utilisation des ÉEÉ et souligne l’importance d’un examen plus juste de l’enseignement.

La preuve présentée en arbitrage établit que des caractéristiques individuelles comme la race, le sexe, l’accent, l’âge et l’apparence d’un.e professeur.e influencent les résultats des ÉEÉ. D’autres facteurs tels que les évaluations en ligne ou en classe, le statut des cours (au choix ou obligatoires), le nombre d’étudiant.e.s inscrit.e.s, le sujet abordé et le style d’enseignement ont également une incidence sur les résultats des ÉEÉ.

« Les témoignages d’experts présentés à l’audience établissent de façon convaincante que les évaluations de l’enseignement par les étudiants ne peuvent évaluer les aspects les plus importants de la prestation de l’enseignement et de son efficacité. Pour évaluer l’efficacité de l’enseignement particulièrement dans le contexte de l’octroi de la permanence et d’une promotion les évaluations de l’enseignement par les étudiants sont des outils au mieux imparfaits et, au pire, carrément partiaux et aucunement fiables. »

– William Kaplan

À l’Université d’Ottawa, l’utilisation des rapports A (basés sur les questionnaires d’évaluation par les étudiant.e.s) est l’un des multiples éléments pris en compte dans le processus de promotion ou de permanence. Bien que, dans l’ensemble, les procédures d’évaluation de l’enseignement à l’Université Ryerson et à l’Université d’Ottawa diffèrent à plusieurs égards, la décision arbitrale Kaplan présente des critiques fondées et expose les limites de certains aspects de notre système d’évaluation de l’enseignement.

Quel rôle jouent les rapports A dans le processus d’évaluation de l’enseignement à l’Université d’Ottawa? Contrairement à de nombreuses autres institutions, les rapports A ne peuvent être utilisés que comme un indicateur dans la décision d’un.e doyen.ne de procéder ou non à une évaluation directe de l’enseignement par des pairs (EDEP). Conformément à l’article 24.2.1.3 c) de notre convention collective, à moins qu’un.e doyen.ne demande une EDEP lorsque les rapports A suggèrent un enseignement faible ou exceptionnel, il est considéré que l’évaluation de l’enseignement répond aux exigences. Ainsi, à l’Université d’Ottawa, l’administration centrale ne peut pas refuser la permanence ou la promotion sur la seule base de rapports A « faibles ». Bien que notre convention collective prévoit des mesures permettant aux professeur.e.s de communiquer leurs réflexions sur l’enseignement et l’apprentissage à la lumière des rapports A, nous considérons que cela ne répond pas entièrement aux iniquités et conséquences pour les professeur.e.s aux prises avec de fort biais (conscients ou inconscients) dans leurs évaluations d’enseignement. Compte tenu des faibles taux de participation à l’évaluation en ligne de l’enseignement, l’APUO s’inquiète également de la possibilité que les faibles taux de participation exacerbent les biais et compromettent la valeur des données. Cela est particulièrement important pour les professeur.e.s qui prévoient présenter une demande de promotion ou de permanence au cours des prochaines années.

À la suite du dernier cycle de négociations collectives, l’APUO rencontrera désormais l’administration centrale en mai de chaque année universitaire, afin d’examiner les questions soulevées par l’utilisation des données des ÉEÉ dans les recommandations et décisions relatives à la carrière des membres de l’APUO.

L’administration centrale a mandaté le Comité du Sénat sur l’enseignement et son évaluation d’étudier les méthodes d’évaluation de l’enseignement. Le Comité formulera des recommandations pour réviser ou modifier les pratiques actuelles. Même si le Sénat accepte de modifier les pratiques actuelles, l’administration centrale devra obtenir l’approbation de l’APUO avant que ces nouvelles pratiques puissent être utilisées pour évaluer formellement l’enseignement des membres de l’APUO.

Nous tenons à rappeler aux membres qu’ils/elles sont fortement encouragé.e.s à nous faire part de leurs préoccupations concernant l’utilisation des ÉEÉ, surtout s’ils/elles estiment qu’elles pourraient avoir un incidence négative sur leur demande de promotion ou de permanence.

Pour plus d’information sur la décision Kaplan, vous pouvez également consulter le bulletin de novembre de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) intitulé La fin des questionnaires d’évaluation par les étudiants?