Politique de l’APUO sur l’évaluation des cadres supérieurs

Chères/chers membres,

Comme vous avez pu le constater depuis février dernier, la mise en œuvre de la politique de l’APUO sur l’évaluation des cadres supérieurs (que vous pouvez consulter ici) semble incommoder les représentant.e.s de l’administration centrale. En effet, en l’espace de quelques semaines, les membres de l’APUO ont reçu trois communications hostiles et accusatoires décriant la politique en question et prêtant des intentions à l’exécutif de l’APUO. Voici un rappel des faits.

Le 4 février dernier, deux jours seulement après que le processus d’évaluation de quatre doyen.ne.s ait été amorcé, le vice-recteur aux études par intérim, Michel Laurier, écrit aux membres de l’APUO que « l’Université se dissocie totalement de ce sondage et n’encourage pas les professeurs à y participer ». Il ajoute y voir une contradiction de « l’esprit du processus de nomination des doyens » et des moyens mis en œuvre « pour évaluer le rendement des cadres universitaires et vérifier s’ils ont atteint leurs objectifs ». Il prend également soin de souligner que « l’Université ne prendra pas en considération les résultats de ce sondage » (le message complet du vice-recteur peut être consulté ici).

Puis, le 16 mars, le vice-recteur Laurier récidive et utilise les guillemets pour parler de l’« évaluation » menée par l’APUO. Répétant qu’il existe « déjà un mécanisme en place pour évaluer les doyennes et doyens », il se garde toutefois de préciser le processus en question, si ce n’est pour dire qu’il s’agit d’un exercice « complexe ». Le vice-recteur termine son message en annonçant que « l’administration de l’Université exprimera à l’APUO ses préoccupations en ce qui a trait à l’équité et la fiabilité de son « évaluation » et à l’utilisation de résultats issus d’un processus douteux » (le message complet peut être consulté ici). S’ensuivent une lettre du recteur Allan Rock à la présidente de l’APUO Jennifer Dekker le 1er avril (qui peut être consultée ici) et une réponse de cette dernière le 12 avril (à consulter ici).

Enfin, le 19 avril, le recteur écrit aux membres afin de « partager avec [eux/elles] l’essentiel de [son] message » à la présidente de l’APUO. D’entrée de jeu, il réitère que l’Université a déjà un processus d’évaluation des cadres, mais sans en donner les modalités. Par la suite, il critique de manière expéditive le processus d’évaluation de l’APUO, réitère que « l’Université n’accordera aucune attention à ces « évaluations » » et encourage « vivement » les membres de l’APUO « à faire de même ». Il conclut en souhaitant que l’exécutif de l’APUO travaille avec l’administration « pour créer et renforcer » à l’Université d’Ottawa « un milieu de travail axé sur le respect » (le message du recteur peut être consulté ici).

Nous vous invitons à lire attentivement les lettres échangées entre le recteur et la présidente de l’APUO les 1er et 12 avril (voir ci-haut). Elles permettent de comprendre l’importance d’une politique de l’APUO sur l’évaluation des cadres supérieurs à l’Université d’Ottawa. À la lumière de la participation élevée à ce premier exercice d’évaluation et des excellents commentaires et suggestions que vous nous avez fait parvenir, nous tenons à vous assurer que nous entendons poursuivre et perfectionner les évaluations. En terminant, nous souhaitons souligner quelques éléments essentiels :

  • L’APUO n’a pas à demander la permission à l’administration de l’Université pour sonder ses membres.
  • C’est une tactique répandue chez nombre d’employeurs – notamment dans le milieu universitaire – d’invoquer à tort et à travers la confidentialité pour imposer des pratiques de gouvernance injustifiables et une culture du secret. En envoyant à ses membres les résultats quantitatifs des évaluations, l’APUO n’a en rien enfreint la confidentialité ni manqué de respect envers les doyen.ne.s évalué.e.s. Les cadres universitaires sont des titulaires de charges publiques auxquelles sont attachés des privilèges et des pouvoirs considérables. Les personnes qui acceptent de telles charges doivent s’attendre à ce que leur travail soit scruté de manière à les rendre imputables de potentiels abus de pouvoir et à mettre fin à de tels abus le cas échéant.
  • Si les processus de nomination et d’évaluation des cadres supérieurs à l’Université d’Ottawa étaient sérieux, transparents et inclusifs, l’APUO n’aurait pas eu à remettre en vigueur sa politique d’évaluation des cadres supérieurs. Nous sommes d’ailleurs surpris que le recteur remette en question la méthode d’évaluation utilisée par l’APUO, alors qu’il semble totalement incapable de fournir les modalités des processus d’évaluation au sein de son administration. Nous l’invitons à plus de transparence de manière à ce que nous puissions bénéficier des enseignements de la méthode utilisée par l’Université s’il y a lieu.
  • La loi sur la santé et la sécurité au travail de l’Ontario établit que les employeurs ont l’obligation légale d’assurer aux employé.e.s un milieu de travail exempt d’harcèlement, de discrimination et d’intimidation. À la lumière des données recueillies lors de l’évaluation, nous avons pressé l’Université de remplir ses obligations légales en appelant une enquête indépendante concernant le milieu de travail dans l’une de ses facultés. Malgré le refus catégorique et les propos hostiles et accusatoires de l’administration, les membres de l’APUO peuvent être assuré.e.s que nous prendrons tous les moyens à notre disposition pour qu’une telle enquête soit menée.
  • Avec des taux de participation aux évaluations allant jusqu’à 71 %, de toute évidence les membres considèrent que l’initiative de l’APUO est pertinente, crédible et opportune. En définitive, ce n’est pas à l’exécutif de l’APUO qu’Allan Rock et Michel Laurier refusent la tenue d’une enquête, mais bien aux membres de l’APUO qui ont été nombreux/euses à témoigner des problèmes auxquels ils et elles sont confronté.e.s.

Cordialement,

Le Comité exécutif de l’APUO