Un engagement envers l’équité dans notre convention collective

Lors de la présente ronde de négociations, l’APUO s’est engagée à accroître l’équité à l’Université d’Ottawa. Dans ce bulletin, nous présentons les propositions déposées par notre équipe afin d’accroître la représentation des groupes d’équité. Selon l’article 17.1.6.1 de la convention collective (CC), les groupes d’équité comprennent les femmes, les minorités visibles, les Autochtones et les personnes avec un handicap.

Mise à jour sur les progrès du Comité sur l’équité, la diversité et l’inclusion 

Comme vous vous en souvenez peut-être, l’APUO a fourni un résumé du travail accompli par le Comité sur l’équité, la diversité et l’inclusion (CÉDI) pour l’année académique 2016-2017 dans son bulletin de décembre. Dans ce bulletin, il était mentionné que le Bureau des droits de la personne de l’Université (BDP) a refusé de partager les données relatives aux minorités visibles, aux Autochtones et aux personnes ayant un handicap parmi les professeur.e.s à temps plein. Le rapport du CÉDI s’est donc penché sur l’équité liée aux genres, plus particulièrement l’équité hommes-femmes en termes de représentation, de rémunération et de temps requis pour la promotion. L’analyse du CÉDI a fourni à l’APUO de précieuses informations sur les moyens d’accroître l’équité hommes-femmes dans cette ronde de négociations. De plus, le rapport du CÉDI a souligné l’importance de préciser dans la CC l’obligation pour le BDP de partager avec le CÉDI les données relatives aux minorités visibles, aux Autochtones et aux personnes ayant un handicap.

Voici un résumé des travaux de l’APUO sur les enjeux d’équité, ainsi que les propositions relatives à l’équité que nous avons déposées au cours de la présente ronde de négociations.

Accroître la représentation des groupes d’équité

Les professeur.e.s et bibliothécaires membres de groupes d’équité sont souvent appelé.e.s à effectuer des tâches supplémentaires telles que l’analyse de documents dans une « optique d’équité », le travail de liaison avec les groupes communautaires et les médias, le mentorat, la rédaction de rapports sur les enjeux d’équité et la participation à de multiples comités. Malheureusement, ces tâches additionnelles sont rarement rémunérées et rarement considérées dans l’évaluation des demandes de permanence et de promotion.[1]Cette réalité est aggravée par la sous-représentation continue des membres des groupes d’équité et souligne l’importance d’accroître la représentation des professeur.e.s et des bibliothécaires qui s’identifient aux groupes d’équité.

L’APUO a proposé des modifications à l’article 17. Là où la CC mentionne la sous-représentation des femmes ou des hommes, nous proposons de remplacer « femmes ou hommes » par « groupes d’équité ». L’objectif est d’étendre la portée de l’article aux minorités visibles, aux Autochtones et aux personnes avec handicap. Ces changements devraient avoir un impact sur les embauches à venir et accroître la représentation des groupes d’équité. Jusqu’à présent, l’administration centrale semble disposée à accepter cette proposition. Cependant, l’APUO estime que ce changement à lui seul est insuffisant.

Reconnaissant que des biais inconscients ont une incidence sur les embauches, l’APUO estime qu’il est essentiel d’accroître la représentation des groupes d’équité au sein des divers comités universitaires. C’est pourquoi l’APUO propose d’ajouter à notre CC un libellé qui assurerait la représentation d’au moins un groupe d’équité au sein des comités du personnel enseignant des facultés (article 14), des comités du personnel enseignant des départements (article 15), des comités du personnel des bibliothécaires (article 16.1) et des comités du personnel enseignant de l’Institut (article 16.2). Jusqu’à ce que nous parvenions à augmenter le nombre de professeur.e.s et de bibliothécaires à temps plein s’identifiant aux groupes d’équité, nous croyons que cette proposition représente un pas dans la bonne direction.

Données sur les groupes d’équité 

Nous savons qu’il y a une sous-représentation des minorités visibles, des Autochtones et des personnes avec handicap parmi les membres de l’APUO. Pour combler cet écart de représentation, il est essentiel d’analyser les données sur les groupes d’équité et de fixer des objectifs pour améliorer la représentation. L’APUO a déposé une proposition qui mandaterait les comités du personnel enseignant à effectuer des examens annuels des données relatives aux groupes d’équité et à fixer des objectifs d’embauches visant à accroître la représentation des groupes d’équité.

L’APUO exhorte l’administration centrale à accepter d’inclure dans notre convention collective : 1) l’obligation pour le BDP de partager les données sur les groupes d’équité avec le CÉDI; 2) la création d’un poste d’analyste des données relatives à l’équité au sein du Bureau de la recherche et de la planification institutionnelle. Dans le cadre de U15, l’Université d’Ottawa s’est engagée à améliorer l’équité et la diversité dans la recherche. Compte tenu de cet engagement, nous sommes très perplexes devant le refus de l’administration centrale d’accepter nos propositions concernant la collecte et l’analyse des données sur l’équité.

Services de garde 

L’APUO croit fermement que la garde d’enfants est un service important pour les membres de la communauté universitaire et représente une étape nécessaire pour assurer l’équité relative à l’état familial. Un manque d’accès à des services de garde de qualité signifie que certain.e.s membres de la communauté universitaire sont désavantagé.e.s au point que cela a un impact sur leur capacité à travailler et à participer pleinement à la vie académique. Faire des services de garde une nécessité, c’est à la fois tenir compte de l’évolution démographique à l’Université d’Ottawa et fournir un soutien social indispensable aux membres de la communauté universitaire qui ont de jeunes enfants. Un accès accru à des services de garde de qualité permettrait aux professeur.e.s et aux bibliothécaires d’être davantage engagé.e.s en tant que membres de leurs communautés universitaires et non universitaires respectives. L’APUO a déposé une proposition visant à créer 100 nouvelles places en garderie près du campus, dont 60 seraient réservées aux membres de l’APUO. L’administration centrale a catégoriquement rejeté cette proposition.

Questionnaires étudiants   

La recherche universitaire sur les questionnaires complétés par les étudiant.e.s à des fins d’évaluation de l’enseignement a démontré que ces questionnaires sont non seulement inefficaces, mais qu’ils comportent des biais défavorisant les membres des groupes d’équité. Nous sommes fort déçus que l’administration centrale nous ait proposé de supprimer le droit de l’APUO d’être consultée avant la mise en œuvre de changements aux questionnaires étudiants. L’APUO a exprimé sa volonté de participer à une table de discussion avec le vice-recteur aux études pour explorer la possibilité d’introduire des dossiers d’enseignement. Les questionnaires étudiants ne seraient qu’une des composantes de ces dossiers.

Conclusion

Comme nous l’avons mentionné dans un de nos précédents bulletins sur les négociations, l’administration centrale n’a pas seulement rejeté la plupart de nos propositions en matière d’équité, elle n’a pas présenté de contre-propositions pour favoriser une discussion et trouver un terrain d’entente. Il est fort difficile de comprendre pourquoi l’administration centrale refuse de s’engager à créer un environnement de travail juste et équitable pour les professeur.e.s et les bibliothécaires. À une époque où les grands médias abordent quotidiennement les enjeux d’équité, nous demeurons optimistes que l’administration de l’Université se joindra à l’APUO pour s’attaquer aux problèmes systémiques de sexisme, de racisme et de capacitisme au sein de notre institution.

Nous tenons à réitérer une fois de plus notre volonté de rencontrer vos unités et de discuter de nos propositions et du processus des négociations. Si c’est votre souhait d’organiser une telle rencontre, n’hésitez pas à communiquer avec notre présidente Susan Spronk à apuopres@uottawa.ca.


[1]Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) – Politique générale de l’ACPPU sur la reconnaissance de la charge de travail accrue des membres du personnel académique au sein des groupes d’équité en contexte minoritaire. https://www.caut.ca/fr/au-sujet/politiques-generales-de-l-acppu/lists/politiques-générales-de-l%27acppu/la-reconnaissance-de-la-charge-de-travail-accrue-des-membres-du-personnel-académique-au-sein-des-groupes-d-équité-en-contexte-minoritaire