L’évaluation de l’enseignement par les étudiant.e.s : la décision arbitrale Kaplan

Le 28 juin, William Kaplan, l’arbitre nommé pour résoudre l’enjeu des questionnaires d’évaluation des cours et les questions connexes – y compris l’utilisation des évaluations de l’enseignement par les étudiant.e.s (ÉEÉ) pour les décisions de promotion ou de permanence – entre l’Université Ryerson et l’Association des professeur.e.s de l’Université Ryerson, a rendu une décision. La décision de l’arbitre Kaplan fait ressortir les limites de l’utilisation des ÉEÉ et souligne l’importance d’un examen plus juste de l’enseignement.

La preuve présentée en arbitrage établit que des caractéristiques individuelles comme la race, le sexe, l’accent, l’âge et l’apparence d’un.e professeur.e influencent les résultats des ÉEÉ. D’autres facteurs tels que les évaluations en ligne ou en classe, le statut des cours (au choix ou obligatoires), le nombre d’étudiant.e.s inscrit.e.s, le sujet abordé et le style d’enseignement ont également une incidence sur les résultats des ÉEÉ.

« Les témoignages d’experts présentés à l’audience établissent de façon convaincante que les évaluations de l’enseignement par les étudiants ne peuvent évaluer les aspects les plus importants de la prestation de l’enseignement et de son efficacité. Pour évaluer l’efficacité de l’enseignement particulièrement dans le contexte de l’octroi de la permanence et d’une promotion les évaluations de l’enseignement par les étudiants sont des outils au mieux imparfaits et, au pire, carrément partiaux et aucunement fiables. »

– William Kaplan

À l’Université d’Ottawa, l’utilisation des rapports A (basés sur les questionnaires d’évaluation par les étudiant.e.s) est l’un des multiples éléments pris en compte dans le processus de promotion ou de permanence. Bien que, dans l’ensemble, les procédures d’évaluation de l’enseignement à l’Université Ryerson et à l’Université d’Ottawa diffèrent à plusieurs égards, la décision arbitrale Kaplan présente des critiques fondées et expose les limites de certains aspects de notre système d’évaluation de l’enseignement.

Quel rôle jouent les rapports A dans le processus d’évaluation de l’enseignement à l’Université d’Ottawa? Contrairement à de nombreuses autres institutions, les rapports A ne peuvent être utilisés que comme un indicateur dans la décision d’un.e doyen.ne de procéder ou non à une évaluation directe de l’enseignement par des pairs (EDEP). Conformément à l’article 24.2.1.3 c) de notre convention collective, à moins qu’un.e doyen.ne demande une EDEP lorsque les rapports A suggèrent un enseignement faible ou exceptionnel, il est considéré que l’évaluation de l’enseignement répond aux exigences. Ainsi, à l’Université d’Ottawa, l’administration centrale ne peut pas refuser la permanence ou la promotion sur la seule base de rapports A « faibles ». Bien que notre convention collective prévoit des mesures permettant aux professeur.e.s de communiquer leurs réflexions sur l’enseignement et l’apprentissage à la lumière des rapports A, nous considérons que cela ne répond pas entièrement aux iniquités et conséquences pour les professeur.e.s aux prises avec de fort biais (conscients ou inconscients) dans leurs évaluations d’enseignement. Compte tenu des faibles taux de participation à l’évaluation en ligne de l’enseignement, l’APUO s’inquiète également de la possibilité que les faibles taux de participation exacerbent les biais et compromettent la valeur des données. Cela est particulièrement important pour les professeur.e.s qui prévoient présenter une demande de promotion ou de permanence au cours des prochaines années.

À la suite du dernier cycle de négociations collectives, l’APUO rencontrera désormais l’administration centrale en mai de chaque année universitaire, afin d’examiner les questions soulevées par l’utilisation des données des ÉEÉ dans les recommandations et décisions relatives à la carrière des membres de l’APUO.

L’administration centrale a mandaté le Comité du Sénat sur l’enseignement et son évaluation d’étudier les méthodes d’évaluation de l’enseignement. Le Comité formulera des recommandations pour réviser ou modifier les pratiques actuelles. Même si le Sénat accepte de modifier les pratiques actuelles, l’administration centrale devra obtenir l’approbation de l’APUO avant que ces nouvelles pratiques puissent être utilisées pour évaluer formellement l’enseignement des membres de l’APUO.

Nous tenons à rappeler aux membres qu’ils/elles sont fortement encouragé.e.s à nous faire part de leurs préoccupations concernant l’utilisation des ÉEÉ, surtout s’ils/elles estiment qu’elles pourraient avoir un incidence négative sur leur demande de promotion ou de permanence.

Pour plus d’information sur la décision Kaplan, vous pouvez également consulter le bulletin de novembre de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) intitulé La fin des questionnaires d’évaluation par les étudiants?